Les descriptions

Varier les formes de description

D’autres que moi ont déjà dressé des listes des différentes formes de description, (voir l’excellente typologie de Jean Claude Dunyach : http://sf.emse.fr/AUTHORS/JCDUNYACH/jcdecr.html).
Je vais essayer d’apporter ici ma petite pierre à l’édifice.

1) Dans un pavé

C’est la description classique. Un paragraphe entièrement consacré à donner un maximum d’informations sur une scène ou un objet.
Dans ce cas, on conseille en général de suivre un regard imaginaire sur la scène : ce qui saute aux yeux d’abord, puis les plus petits détails. D’un côté à l’autre, de bas en haut, ou du fond vers le devant, comme ça vous arrange, mais que ça ne heurte pas la logique.

2) Dans les paroles des personnages

« Plutôt mignon, le garçon là-bas, à côté de la machine à café. »
« Laisse tomber, je n’aime pas les blonds. »
(on sait donc que… le garçon est blond et qu’il est à côté de la machine à café. Et il est mignon, en plus !)
[Ne pas abuser de cette technique]

3) A travers les réactions d’un personnage

Plutôt que de décrire de façon extérieure, on rentre dans la peau d’un personnage et on étudie ses réactions.
Après avoir commencé par : « la jeune fille se retrouva nez à nez avec Dracula » plutôt que de dire : « le vampire était vraiment effrayant » dire : « la jeune fille poussa un cri et se jeta en arrière ».

4) Dans l’action

L’œil de l’auteur suit l’œil du personnage ou du mouvement de la scène.
« Il posa la main sur la poignée de la porte, c’était un bouton de cristal dur et froid, aussi brillant qu’un diamant. La lourde porte s’ouvrit sans un grincement et découvrit un hall désert, au sol de marbre… »

5) Entre deux autres informations

a) entre deux répliques
ex :
« Donne moi cette fleur ! »
Elle se jeta sur lui et il roulèrent sur un tapis de pissenlits qui s’étendait depuis la rive de l’étang jusqu’au bosquet de sapins.
« Je l’ai eue ! »

b) dans les réflexions d’un personnage
ex :
« Elle n’aimait pas les voitures allemandes. Elle les trouvait laides, avec leurs immenses pare-brise carrés, leur avants prétentieux, leurs lignes agressives. Celle-là était grise, allongée, elle la trouva confortable mais presque trop spacieuse, elle avait l’impression de flotter comme une bouée sur cette immense banquette en cuir. »

Conclusion

Il existe de nombreuses formes de descriptions, n’hésitez pas à passer de l’une à l’autre et à varier vos techniques afin d’éviter un effet de lassitude, y compris dans la même scène.

Vous aimez la pizza et le gâteau au chocolat ?
Eh eh, comme moi.
Et pourtant, vous n’auriez pas tellement envie d’en manger trois jours de suite, si ?
Alors souvenez-vous que pour les descriptions, c’est la même chose.

Quelques éléments sur les descriptions

Les descriptions ont mauvaise réputation.
C’est difficile à écrire, c’est ennuyeux, on préfère l’action…
Eh bien oubliez tout ça. La description est un des matériaux du roman, personne ne peut s’en passer et d’ailleurs, ça n’a rien d’ennuyeux.

Juste quelques petits éléments en passant :

1) Donner assez d’information
  • Utilisez vos cinq sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) ou au moins le plus possible de sens.
  • Donner des détails. Pas trop non plus, mais quelques-uns bien choisis, qui permettent de frapper l’imagination et de reconstruire tout un univers autour.

Ex : dans un bureau cambriolé, livrez une rapide description générale puis donnez un ou deux éléments précis comme « le téléphone mural pendait au bout de son fil à spirale »

 2) Etre clair
  • – N’hésitez pas à faire des comparaisons pour mieux décrire :
    ex : « ça sentait aussi fort que l’ammoniac » vaut mieux que « ça sentait une odeur très forte et insupportable »
    ex : « haut comme un immeuble de dix étages… » plutôt que « mesurait 40 mètres de haut ».
    Tout le monde sait ce que c’est qu’un immeuble de dix étages alors que 40 mètres de haut, c’est assez vague dans notre esprit. Et puis, quelle que soit cette chose, comment sait-on que ça fait 40 mètres, on l’a mesuré ?
  • D’ailleurs évitez autant que possible de décrire les choses au moyen de chiffres et d’unités de mesure, sauf circonstances particulières (guide touristique, dialogue entre spécialistes…) ou sauf à donner des chiffres ronds et facile à appréhender.
    « Il sortit un couteau de 25 cm de long » ce n’est pas ce qui nous viendrait à l’esprit si on se retrouvait devant.
    « Il sortit un couteau largement assez long pour me clouer à la porte », c’est tout de suite plus évocateur.
  • Au contraire, quand il s’agit de dénombrer, voyez si parfois, remplacer un « quelques » par un nombre précis (trois, cinq) ne serait pas plus percutant. Trois ou cinq, on se le représente bien alors que « quelques », ça laisse un flou…
    « Quelques personnes étaient assises et lisaient des magasines dans la salle d’attente » devient avantageusement, hop hop « quatre personnes étaient assises et etc. ».

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