5 conseils de base pour ne pas se griller auprès d’un éditeur

Chers lecteurs de ce site,

Adresser un texte à un éditeur, quel que soit le texte (nouvelle, roman, série, poème…) et l’éditeur (numérique, papier, revue, fanzine…), c’est presque toujours un moment à la fois d’espoir et d’angoisse – en tout cas d’émotions fortes. Il arrive qu’on perde la tête et qu’on commette des erreurs. C’est humain mais c’est dommage, d’une part parce que vous gâchez la vie des éditeurs, d’autre part parce que vous risquez de vous griller, vous et votre texte.

Sans doute certains penseront-ils que j’enfonce des portes ouvertes. Peut-être d’autres se demanderont-ils quelle sorte de légitimité je peux bien avoir pour parler de ces choses là. Je répondrais que tout ce que j’énonce ici, je l’ai vu moi-même ou entendu de la bouche d’un éditeur, j’ai maintenant 7 romans publiés et une douzaine de nouvelles. Et j’ai été membre d’un comité de lecture il y a quelques années. Bien entendu, ce post ne prétend pas être exhaustif et je peux me tromper, mais je vous promets de vous donner mon point de vue en toute honnêteté. Je vous invite à prendre la parole dans les commentaires pour apporter votre éclairage personnel ou poser vos questions si vous souhaitez en savoir plus.

Il y a des pratiques sur lesquelles je ne m’exprimerai pas (aller voir un éditeur en salon avec son manuscrit, par exemple), parce que dans certains cas, ça peut agacer, dans d’autres, ça peut fonctionner. Je vais donc m’attacher aux comportements dont je suis pratiquement SÛR qu’ils seront mal perçus, quelle que soit la personne et quel que soit l’enjeu.

1) Une fois le texte envoyé, contactez le moins possible l’éditeur avant d’avoir une réponse

Vous n’avez pas eu d’accusé de réception alors que selon le site de l’éditeur, vous êtes censé en recevoir ? OK, bien sûr, envoyez un mail ou prenez votre téléphone. Vous n’avez eu aucune nouvelle de votre roman au bout de 6 ou 10 mois ? Là aussi, sans problème, contactez l’éditeur, demandez gentiment si le manuscrit ne s’est pas perdu.

Dans TOUS les autres cas, je vous déconseille fortement d’entrer en contact après avoir envoyé votre manuscrit : ça ne vous apportera que des ennuis et, si vous êtes trop insistant, vous allez peut-être finir sur la « black list ».

2) N’essayez pas de devenir ami avec les gens qui choisissent les textes

On vous a peut-être parlé de réseau, de l’importance du carnet d’adresse, des contacts, etc. Je ne vais pas nier que ça existe. Bien sûr, si un éditeur vous a déjà répondu que votre précédent manuscrit n’était pas pour lui, mais que votre prochain pourrait l’intéresser, n’hésitez pas à vous rappeler à lui le moment venu.

Mais n’essayez pas, JAMAIS, de vous rapprocher de la personne qui tient votre manuscrit entre les mains, de lui proposer un verre, de le contacter sur facebook, de lui sauter dessus en salon pour lui proposer un resto ou d’aller voir toutes ses conférences en posant plein de questions pour vous faire remarquer. Vous pouvez essayer de multiplier vos chances d’être lu par différents biais (Appel à texte, annuaire d’éditeurs, rencontres organisées par un festival ou un collectif quand l’éditeur vient pour chercher des manuscrits, échanges d’infos sur les forums ou avec vos amis), mais pas devenir ami avec un éditeur.

Un éditeur ne publie que les textes qui lui plaisent. Il souhaite choisir en toute sérénité. Si quelqu’un lui semble lourd, insistant, agressif… Il va fuir en courant. En tout cas, il ne va certainement pas donner une chance supplémentaire à votre manuscrit.

3) Ne commentez jamais un refus

Si un éditeur vous fait un mail personnalisé, il est de bon ton de le remercier par une réponse polie. Mais il est très fortement déconseillé de faire plus. Dans tous les cas, il est absolument à proscrire de contester un refus. Ça ne sert à rien. L’éditeur se fie à un ressenti : aucun argument de votre part ne pourra changer cela.

Peut-être pensez-vous arriver à le convaincre que vous pouvez modifier votre texte ? Peut-être voulez-vous lui ouvrir les yeux sur un contresens ou un aspect qu’il n’a pas vu ? Oubliez. S’il estimait qu’il pouvait vous faire retravailler le texte, alors il vous aurait dit « oui ». S’il n’a pas vu quelque chose ou l’a mal compris, alors c’est que le texte n’est pas pour lui.

Vraiment, vraiment, vous avez zéro chance d’arriver à vos fins de cette manière. Et vous avez toutes les chances de l’horripiler.

4) Ne comptez pas sur un lien quelconque

Ne croyez pas que, parce que vous connaissez vaguement quelqu’un dans le comité de lecture, que vous l’avez croisé(e) en salon, que vous êtes amis sur facebook ou que vous fréquentez le même forum, il va vous soutenir. Ne pensez pas que vous pouvez être familier avec lui, lui envoyer plein de messages ou attendre de lui une attention particulière. Surtout pas. Faites la différence entre un échange dans un lieu public, comme un forum ou facebook, et la relation avec un éditeur.

Il va vous trouver intrusif. Il a des textes à choisir et à défendre (ou non) auprès des autres membres du comité. Il va se comporter comme un de ces assesseurs dans les bureaux de vote : neutralité, refus de toute ingérence, agacement voire inquiétude si on se montre familier. A sa place, vous feriez sans doute la même chose.

5) Ne dites pas que votre texte a été travaillé sur tel ou tel forum ou bêta-lu par telle ou telle personne

Il existe des forums d’entraide et de travail, et c’est une excellente chose. Mais l’éditeur se fiche totalement de votre parcours personnel et de la façon dont vous avez travaillé. Sous les yeux, il n’a que votre texte et c’est celui-ci qu’il juge. Vous allez l’agacer à vous croire meilleur que les autres avec des arguments pareils ou à essayer de passer au-dessus de la pile.

C’est lui l’éditeur : il choisit le texte et fait les corrections éditoriales. La bêta-lecture qu’il y a eu avant ou non, ce n’est pas son affaire.

Peut-être allez-vous vous vous retrouver dans l’une ou l’autre de ces recommandations. Peut-être à tort, peut-être à raison. On ne se rend pas toujours compte que notre comportement n’est pas le bon et pour cause : ce n’est pas notre métier pour la plupart d’entre nous, le monde de l’édition est en général mal connu. Si vous pensez avoir commis une erreur, ne vous morfondez pas : l’avenir est devant vous et un auteur averti en vaut deux. :)

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